Histoire de... Golf de Chamonix MontBlanc****

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Entretien avec Sébastien Guimbelet, Directeur du Golf de Chamonix Montblanc****

«MAGIQUE. C’EST VRAIMENT LE MOT QUE QUI ME REVIENT TOUS LES MATINS QUAND J’ARRIVE AU TRAVAIL...» …SÉBASTIEN GUIMBELET EST TOMBÉ TOTALEMENT AMOUREUX DU GOLF DE CHAMONIX MONTBLANC****. DEPUIS 4 ANS APRÈS AVOIR OFFICIÉ À VALESCURE, VICHY, LAGRANGE AUX ORMES ET AMNÉVILLE, LE DIRECTEUR CONTEMPLE CET ÉCRIN FABULEUX AVEC SES PANORAMAS SPLENDIDES SUR LES MASSIFS DU PLUS HAUT SOMMET D’EUROPE ET DES AIGUILLES ROUGES.

Golfstars : L’aventure du golf de Chamonix commence avec l’essor de la capitale mondiale de l’alpinisme…
S.G : Effectivement, l’idée a germé dans les années 30, et c’était un désir des propriétaires d’hôtels de la vallée pour satisfaire leur clientèle anglo-saxonne. Les hôteliers ont porté ce projet comme dans d’autres lieux de villégiature en France, sur la Côte d’Azur par exemple. Ainsi sont nés les 9 premiers trous de Chamonix.

GS : Quels ont été les critères pour choisir le site ?
S.G : Disposer de terrains à Chamonix, c’est assez compliqué… Le site des Praz a été retenu par le maire de l’époque, Monsieur Lavaivre, en raison de son caractère marécageux qui le rendait peu constructible. À l’époque, cette partie de notre ancienne vallée glaciaire était encore à l’état brut. Une petite anecdote pour la réalisation des premiers trous : deux auto-chenilles de la Croisière Jaune ont été offertes par André Citroën afin d’arracher les souches et préparer le terrain. Le golf a ainsi été ouvert en 1934 avec 4 trous et le 9 trous prévu a été inauguré l’année suivante, le 20 juillet 1935.

GS : Quand fut décidée l’extension à 18 trous ?
S.G : Ce fut beaucoup plus tardif, en raison des disponibilités foncières. Il fallut donc attendre 1972, sous l’impulsion du célèbre maire Maurice Herzog. L’ancien Secrétaire d’État à la Jeunesse et aux Sports estimait à juste titre que le développement du golf devenait un atout touristique pour Chamonix. Il souhaitait ainsi un golf encore plus prestigieux et son choix s’est porté sur un architecte fort renommé, imposant Robert Trent Jones. Mais ce fut un combat : dix ans d’attente ont été nécessaires, d’abord pour l’acquisition des terrains et les études. Les travaux ont été engagés seulement en 1977 et ce magnifique parcours Trent Jones fut inauguré le 26 septembre 1982.

GS : Quelle a été la philosophie de Robert Trent Jones pour concevoir l’un de ses rares golfs français ?
S.G : Difficile de lire dans sa pensée mais, à l’évidence, il a souhaité que chaque trou permette une vue splendide sur la montagne, sur le Mont-Blanc, sur les Aiguilles, sur les Drus. Il se passe quelque chose en quittant chaque green une sacrée performance sur une modeste surface de 45 hectares pour des moments magiques. Je crois que c’est le terme : tous nos visiteurs regagnent le club-house émerveillés. Et c’est une parfaite intégration dans ce site unique.

G.S : Sur une surface plane…
S.G : Mais oui ! C’est le seul golf de montagne (du moins classé comme tel à plus de 1.000 m d’altitude) que je connaisse qui soit complètement plat. On prend juste un petit peu de hauteur sur deux trous, deux Par 3, pour prendre le départ de façon surélevée. Vous évoluez ainsi sur une «scène» et, autour de vous, les «gradins» sont les majestueuses montagnes. C’est juste impressionnant.

G.S : Techniquement, quelles sont les caractéristiques de Chamonix ?
S.G : Le parcours est exigeant, avec des greens très très bien protégés par de nombreux obstacles d’eau et des bunkers. On ne peut pas «l’agresser». Il n’est pas long (6.077 m) mais la moindre erreur se paye cher. La vigilance est de rigueur car on traverse régulièrement des petits ruisseaux et la rivière L’Arve est complètement en jeu. Comme les fairways ne sont pas particulièrement larges, il faut jouer avec précision et c’est souvent l’attaque des greens qui est délicate.

G.S : Doit-on prendre en compte des paramètres spécifiques pour jouer en montagne ?
S.G : La balle vole mieux ! Et donc votre coup parcourt plus de distance. Aussi, il faut souvent jouer un club de moins. Certains joueurs se font effectivement surprendre sur les premiers trous… Dans un autre domaine, on peut aussi souligner que le site permet d’éviter les effets de canicule en période de grandes chaleurs. Nous n’avons pas cet effet d’étouffement que l’on peut rencontrer sur d’autres
parcours de montagne. Les matins y sont vraiment très agréables. C’est encore un bel avantage.

G.S : Quand s’achève la saison à Chamonix ?
S.G : On peut profiter du parcours jusqu’à mi-novembre. Ensuite, le golf redevient espace public, profite aux chiens de traîneau et aux promenades, hiberne sous un mètre de neige. Ce qui le préserve : le gazon bénéficie complètement de l’hiver, totalement protégé, attendant «l’explosion» de la nature au printemps, pour offrir son plus beau vert. Ainsi, l’aspect saisonnier est aussi ’une des particularités de Chamonix. Nous sommes seulement 4 salariés à l’année et nous embauchons 25 saisonniers, dont la plupart reviennent tous les ans, alternant entre le ski et le golf. C’est ainsi toute une organisation à remettre en place chaque année, dans un laps de temps très court. Un challenge fort motivant.

G.S : Avec, en plus, des projets d’aménagements ou de développement ?
S.G : Toujours ! C’est un éternel recommencement. Nous avons déjà effectué la rénovation complète de tous les bunkers en 2018 et 2019 en respectant au maximum le dessin originel et en changeant le sable local, un peu granuleux, par un sable plus fin beaucoup mieux adapté au golf. Avec une couleur plus blanche pour rappeler la neige. Cela rehausse les contrastes du parcours. Nous venons de rénover le club-house, en ouvrant cette année une nouvelle terrasse, dont la surface est doublée. N’utilisant plus de produits phytosanitaires depuis dix ans, nous poursuivons nos exigences sur le respect de la nature, avec l’acquisition de matériel électrique ou hybride, avec des toilettes sèches sur le parcours.

G.S : Quels sont les grands rendez-vous sportifs de Chamonix ?
S.G  : Nous avons mis en place, en 2018, une très belle compétition amateur sur deux jours avec le golf de Megève : le Trophée international du Mont-Blanc. Avec la situation sanitaire, les deux dernières éditions ont été annulées, mais nous espérons bien poursuivre ce trophée pour les années à venir. Nous proposons également un Grand Prix de catégorie 3, début octobre, qui attire les meilleurs joueurs internationaux voisins. Le plateau est ainsi relevé. Pour 2022, l’objectif est d’organiser un grand Pro-Am avec la précieuse collaboration de Golf Stars…

Photo Stéphane COUDOUX

Stéphane COUDOUX

8 ans à l'Express, 17 ans chez Golf Magazine et Golf Européen puis 12 ans chez ComHouse, agence 360. Depuis 2013, Golf Stars classe les golfs de 1 à 5 étoiles et indique tous leurs Services & Equipements. Indépendant, objectif, honnête et sans complaisance au service des golfs et des golfeurs.