Jean Garaïalde, le Grand Monsieur du Golf français

- Tournoi de golf

Jean Garaïalde et Stephane Coudoux
Jean Garaïalde et Stephane Coudoux au Golf National*****

 

JEAN GARAÏALDE, UN GOLFEUR PROMETTEUR

Le Pays basque a vu naître nombre de golfeurs talentueux, Jean Gassiat, Eugène Lafitte, Arnaud Massy, mais aussi, Jean Garaïalde. Garaïalde est né le 2 octobre 1934, à Ciboure, ce petit village blotti au cœur d’une baie, sur la rive gauche de la Nivelle. À 7 ans, il fait ses premiers pas sur le golf prestigieux et historique de Chantaco****. Son père Raymond y est professeur et c’est lui qui initie Jean et son frère, Michel à la pratique du golf.

Le golf de Chantaco**** est un des plus typiques et prestigieux golfs du Pays basque. Et c’est sur ce magnifique parcours où dès le printemps, les esplanades sont bordées de camélias et d’azalées que Jean Garaïalde a peaufiné son jeu en portant le sac de son père et des autres golfeurs.

Le 4 juin 1950, Jean Garaïalde participera à sa première compétition professionnelle à moins de 16 ans. En 1951, il remportera l’Omnium de Saint-Jean-de-Luz. En 1954, il jouera à la première de ses 25 participations à la Coupe du monde de golf à Montréal. Mais une carrière dans le golf professionnel n’est pas chose aisée dans les années 50. Les sponsors sont rares. Il y a peu d’argent sur les circuits. Il lui faudra se battre, épargner, travailler dur pour assouvir sa passion : être le meilleur sur le circuit pro.

jean GARAÏALDE, UN MAÎTRE DU GOLF

L’atout principal de Jean Garaïalde a été sa régularité. Il dira de lui : « J’étais un métronome, classique, répétitif. Et à la fin, ça paye. » Sa recette, le travail, toujours, le travail. À force de pugnacité et de talent, Garaïalde deviendra le plus grand champion français de tous les temps avec Arnaud Massy dont le père de Jean fut l’assistant et l’ami.

Garaïalde incarnera l’élégance sur les parcours. C’est un gentleman golfeur à qui tout réussit. Il remportera 84 victoires et 17 titres de champion de France. Enfant, son rêve était de gagner au moins une fois l’Open de France. À cette époque, l’Open de France était une institution. C’était le plus vieil open national du continent européen qui se déroulait avant ou après l’Open britannique.

Jean Garaïalde remportera l’Open de France en 1969 au golf de Saint-Nom-la-Bretèche***** contre Roberto De Vincenzo qui était à cette époque, l’un des meilleurs joueurs du monde. À la suite d’un play-off, Vincenzo manque son putt de 2,50 m. Il reste à Garaïalde 1,80 m pour gagner. C’est le putt de sa carrière, et il le rentre.

La victoire dont il est le plus fier se déroule un an plus tard, en octobre 1970, à Stockholm pour le Volvo Open International. Jack Nicklaus, surnommé le Golden Bear, est une star sur les circuits. Cependant, il terminera deuxième derrière Garaïalde. Des années plus tard, Nicklaus lui dira : Vous avez un exemple extraordinaire pour tous les golfeurs. Quarante années de victoires, près de 100 titres pour ce maître du golf. Jamais encore aucun joueur tricolore n’a égalé son palmarès.

JEAN GARAÏALDE, UN TALENTUEUX ARCHITECTE

Outre ses innombrables victoires, Garaïalde a été le créateur de nombreux parcours de golf. Associé à Jeremy Pern, il a construit le golf d’Albi-Lasbordes*** sur le domaine du château de Lasbordes, un 18 trous de championnat avec des trous à couper le souffle, comme le 7 et le 13 au bord du Tarn, ainsi que le 15 et sa vue imprenable sur la cathédrale. Avec Pern, il créera le golf d’Ableiges*** au cœur d’une vallée traversée par la rivière de la Viosne, ainsi que le golf de La Wantzenau*** et celui de Toulouse dans 140 hectares de verdure. N’oublions pas Mont-de-Marsan, Pau-Artiguelouve***, et Cognac*** qui a été ouvert en 1988.

Grand ami de Gary Player avec qui il a partagé les coups durs, les défaites et les victoires, Jean Garaïalde a retrouvé le Pays basque où il vit entouré de sa famille à Ciboure. Attentif aux évolutions du golf professionnel, il sait prodiguer ses conseils et ses encouragements à nos joueurs tricolores, Raphaël Jacquelin, Alexander Levy, Antoine Rozner…

Bravo, Monsieur Garaïalde.

Photo Patrick Bedier

Patrick Bedier

Grand amateur de golf, je suis passionné par ce sport qui nous fait sans cesse découvrir nos ressources mentales et physiques au coeur de la nature. Lauréat pour divers prix littéraires, je suis aussi auteur de nouvelles, poèmes et quatre romans dont Les Plumes de l’Albatros : ce polar a été écrit afin de faire découvrir le golf au plus grand nombre.